League of Legends : Les promesses d'un avenir meilleur, Chapitre 1

League of Legends : Les promesses d'un avenir meilleur, Chapitre 1
Le premier chapitre de cette nouvelle fan fiction vous est offert par Trafalgar en collaboration avec Arcana Gaming.
Nous espérons que vous apprécierez son travail et que cette histoire vous plaira !

Chapitre 1 : Le fracas des armes


 
Les flammes s'élevaient haut dans le ciel tandis que les crépitements du brasier se disputaient le silence avec les râles d'agonie et les cris de désespoir. La nuit était claire, sans nuage, et la douce clarté des étoiles ne parvenait pas à apaiser le macabre spectacle qui se découpait sous leurs yeux. Des ombres s'écroulaient, leurs propriétaires pourfendus par les lames des assaillants. L'acier cinglait l'air à intervalles réguliers, faisant taire définitivement les villageois.

Après plusieurs heures du même massacre sanglant, les hostilités cessèrent. Seul demeurait encore le cliquetis des armures de plate des soldats qui continuaient de s'activer. Ils empilaient les corps et préparaient les bûchers, s'assurant qu'aucun survivant n'était à déplorer. Un croassement rauque les fit tous se retourner en même temps. Le chef du régiment, Malratt, se tenait en retrait de ses hommes et semblait dialoguer avec un corbeau posé sur son avant-bras. L'oiseau, noir comme la nuit, dégageait une aura terrifiante. Il donnait l'impression d'être empaillé tant il était immobile, écoutant patiemment le rapport de l'officier.

« Zytal a été détruit sans encombre. Les villageois n'ont opposé aucune résistance et nous n'avons aucune perte à déclarer. Les champs seront pillés puis incendiés, de même que les habitations seront rasées. Le drapeau de Noxus sera laissé bien en évidence, comme vous l'avez souhaité, Haut Commandant. » discourut Malratt d'une voix monocorde.

Alors qu'il parlait, ses ordres implicites étaient rapidement exécutés. On pouvait voir sur son visage qu'il n'était qu'une arme dénuée de sentiments. Rien de plus qu'un couteau qu'on glisse dans la gorge de son ennemi, une épée maniée par le bourreau. Avoir tué des innocents par dizaines ne semblait pas l'avoir marqué. Il n'en éprouvait aucun remords, pas plus que de joie. Il reprit. 

« Nous attendrons les prochaines directives près du vieux moulin. »

Et le corbeau s'envola, poussant un ultime piaillement rauque et guttural. Malratt alla ensuite dans la première maison qu'il trouva et en ressortit quelques secondes plus tard avec un matelas de plumes. Il siffla et, aussitôt, quatre hommes se portèrent devant lui et agrippèrent l'objet. Ils le transportèrent ainsi durant plus d'une demi-heure et, finalement, alors qu'une antique tour en ruines se profilait à l'horizon, le chef du régiment ordonna la halte et commanda de monter le campement.

« Capitaine Malratt, intervint timidement un soldat. Le vieux moulin est situé plus loin... »

L'officier lui adressa un regard venimeux. L'homme se tut instantanément. Ce genre de regards, tous le connaissaient très bien. C'était un synonyme de mort imminente.

« Te figures-tu que j'ignore où se trouve le vieux moulin ? grogna Malratt en montrant des dents semblables à des crocs.
– Non... balbutia le soldat en baissant la tête.
– Alors tais-toi. »

Abattu et démoralisé, le guerrier fit demi-tour. Il n'eut que le temps d'entendre la hache trancher l'espace. En moins d'une seconde, la lame avait perforé son heaume et s'était logée dans son crâne, d'où ruisselait à présent un torrent écarlate et épais. Malratt ne prit même pas la peine de récupérer son arme. D'un sifflement, il s'en fit apporter une autre, légèrement plus imposante que la précédente.

« Nous allons camper ici. Non pas parce que je souhaite désobéir aux ordres du Haut Commandement de Noxus, mais parce qu'il est impératif que nous restions en vie. Une garnison demacienne a été déplacée jusqu'ici. Nous nous dirigeons à l'ouest, droit sur Demacia. Nous avons déjà conquis trois villages et nous avançons toujours en ligne droite. Nos ennemis savent que nous arrivons sur eux. Le vieux moulin est certes un bon emplacement pour voir arriver les ennemis et défendre sa position … »

Il s'arrêta de parler pendant quelques secondes. Aucun de ses hommes ne semblait comprendre. Ils n'avaient aucune réflexion stratégique, aucune connaissance militaire.

« … Mais c'est parce que c'est une place forte qu'il faut nous en méfier. C'est l'un des endroits que Demacia attaquera en premier, et nous ne savons pas quelles forces ils ont déployé pour nous arrêter. En attendant d'être informés par nos espions, il nous faut jouer la prudence et éviter du mieux possible les affrontements. De plus, ils s'attendront certainement à nous voir attaquer depuis ce genre d'endroits. Si nous restons en retrait, l'effet de surprise nous sera toujours favorable. »

Quelques murmures approbateurs gonflèrent les rangs de la troupe. Ils étaient de toute façon obligés d'appuyer les propos de leur capitaine. Malratt s'était déjà illustré de nombreuses fois par le passé et avait été décoré par Jericho Swain en personne. On le disait capable de rivaliser avec Darius en combat singulier, même si personne n'osait demander une preuve de ces assertions.

Malratt rentra dans sa tente une fois qu'elle fut montée. Il se posa sur le matelas qu'il avait réquisitionné à Zytal et poussa un profond soupir. D'un geste las, il tira de sa poche la missive qu'il avait reçu trois mois plus tôt, avant que ses raids sur les villages fermiers ne démarrent. Le papier était jauni, vieux et empestait le moisi. De petites traces le constellaient, rendant le parchemin plus clair par endroits. Malratt avait immédiatement su de quoi il s'agissait. Des larmes, versées par Londra. D'une voix épuisée, il relut pour la millième fois ce qu'elle avait écrit.

« Malratt, mon beau Malratt. Lointains sont les jours où tu étais heureux. Depuis que le Haut Commandant t'a félicité, tu t'éloignes. De moi mais aussi et surtout de Tyra. La pauvre ne comprend pas. Elle ne sait pas pourquoi tu rentres tard les soirs, pourquoi tu ne lui apprends plus à manier l'épée. Elle ne saura pas non plus pourquoi tu partiras si longtemps demain matin. Mais moi, je le sais. Et je t'implore de désobéir. Tu ne trouveras que la mort dans cette guerre que Noxus veut mener. La Justice de Demacia, ou celle de la Ligue, tu ne pourras échapper aux deux. Et le Haut Commandement ne te protégera pas. Je ne sais pas exactement pourquoi tu dois partir en campagne contre les paysans qui vivent à l'ouest de Valoran, je ne sais pas si c'est une diversion, si tu dois détruire les réserves de nourriture de Demacia, ou faire autre chose de complètement différent. Mais je sais que, à leurs yeux, tu n'es qu'un morceau de viande que l'on montre aux chiens pour qu'ils ne voient pas le rôti qui passe à côté d'eux. Ce mot t'attendra demain matin sur la table. Tu essaieras probablement de partir sans nous réveiller, Tyra et moi, mais je veux que tu le lises et que tu comprennes la peur qui me ronge. »

Ce qui ressemblait à un sanglot s'échappa des lèvres de Malratt. Ses paupières se fermèrent tandis que sa mâchoire puissante était agitée de petits tremblements. Ses poings massifs se crispèrent sur le papier dans un bruit de froissement lugubre. Londra avait eu raison dès le début. Il l'avait su quand un des espions noxiens avait annoncé la mise en branle d'un régiment demacien, ce même régiment qui fonçait sur eux à l'heure actuelle pour les arrêter. Il aurait dû s'en douter dès le début. Demacia n'aurait jamais déplacé suffisamment de forces pour appauvrir la cité en soldats, encore moins pour quelques escarmouches du genre. Les granges de la cité-état devaient également regorger de produits, aussi la perte de trois villages fermiers ne serait rien pour eux. Il n'y avait aucune raison logique à ce massacre, aucun avantage militaire, rien de plus qu'une démonstration inutile de force.

Une voix le fit sursauter. 

« Le doute s'insinue en toi, soldat, siffla la voix. Quand Malratt se retourna, il ne vit rien d'autre que le vide.
– Qui est là ? demanda-t-il en dégainant sa hache flambant neuve.
– Un ami, susurra la voix décharnée. Elle résonnait comme si elle était juste à côté de lui. Ou tout du moins quelqu'un qui te veut du bien. »

Malratt se redressa lentement, scrutant chaque recoin de la tente avec circonspection. Il n'y avait rien ni personne avec lui.

« Je ne pourrais pas te dire pourquoi Jericho Swain t'a jeté aux ordures de la sorte. Mais je peux affirmer que rien n'est perdu pour toi. Si tu attends le rapport de tes éclaireurs, tu mourras. Se battre ici ou au vieux moulin n'y changera rien. Tu ne pilleras pas de quatrième village sur le territoire de Demacia. Demain matin, à peine réveillés, tes hommes seront transformés en cadavres sanguinolents par les lances ennemies. J'ai vu le régiment se mouvoir non loin d'ici. Si tu veux vivre, fais ce que je te dis. Peut-être auras-tu l'occasion de comprendre le but réel de Jericho, qui sait ? »
 
A suivre ...

Ecrit par Trafalgar


Amendair - 2014-02-26 18:21:09

A propos de l'auteur

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