Interview de Cabochard par Riot Games : League of Legends

Interview de Cabochard par Riot Games : League of Legends
Riot games a rencontré Lucas « Cabochard » Simon-Meslet, toplaner français de Team Vitality.

Alors que la saison régulière est terminée depuis vendredi dernier, nous sommes allés à la rencontre de Lucas « Cabochard » Simon-Meslet, joueur pour l’équipe française Team Vitality. Malgré une saison 2015 encourageante avec Gambit Gaming, le toplaner avait pourtant été contraint de jouer le tournoi de relégation. Aujourd’hui, à l’aube des play-offs, Vitality est à la 3e place et montre un niveau de jeu très convaincant dont Cabochard n’est pas étranger.
 

LE QUOTIDIEN D’UN CHAMPION

Pour espérer briller pendant 9 semaines, vouloir s’améliorer chaque jour, se qualifier puis se préparer au mieux aux play-offs, il faut un rythme de vie organisé. « On a un emploi du temps fixe », confirme Cabochard. L’équipe s’entraîne quatre jours par semaine, du dimanche au mercredi. « Il faut qu’on soit levé à midi, en face de notre ordinateur » poursuit-il. Les joueurs se réveillent en douceur en jouant une première partie classée de leur côté. « Aux alentours de 13h, on se retrouve pour déjeuner tous ensemble. C’est le manager qui cuisine ». Suit alors une deuxième partie classée avant que les joueurs se retrouvent autour de leur coach Kévin « Shaunz » Ghanbarzadeh. « Pendant ce meeting on va définir le point spécifique à travailler, en fonction de ce qui s’est passé la veille, de ce que l’on a appris récemment » précise Cabochard.
 
À partir de 15h, l’entraînement commence. Ces séances s’appellent des « scrims ». Ce sont des matchs lancés en partie privée, sans autoriser les spectateurs, afin qu’il soit impossible à la concurrence d’accéder à des informations. Généralement, les joueurs quittent tous la partie avant la fin, pour qu’aucun historique n’existe. Cabochard nous indique que « dans le système actuel, [ils jouent] 5 parties contre la même équipe, en regardant le replay après chaque partie ». Ce recul immédiat permet notamment de répondre aux erreurs commises dans la journée. « Par exemple si l'on ne va pas sur les bonnes lanes, ou qu'on gère mal un paramètre pendant un swap de lane, on peut s’améliorer au fur et à mesure » nous confie-t-il. Cet entraînement se termine aux alentours de 20 ou 21h. Les joueurs sont ensuite libre de manger et de jouer de leur côté, mais doivent cependant se coucher à une heure décente. « On éteint les ordinateurs à 2h du matin maximum » conclue le Français.

 
Pour améliorer la stratégie et toujours être au fait de ce qui se fait de mieux, Team Vitality dispose de deux analystes. « Nos analystes travaillent de chez eux. L'un regarde nos parties, nos scrims et nous dit si une autre équipe fait quelque chose mieux que nous. Il pointe les erreurs que Shaunz n’a pas forcément pu voir » explique Cabochard. « Le second est plus centré sur les picks et bans. Il travaille de concert avec Shaunz, notamment les jours de LCS. En amont, il étudie beaucoup les stats, par exemple si le jungler d’une équipe joue beaucoup autour d’un de ses coéquipiers en particulier, si une équipe joue beaucoup un champion, etc.».

Pendant la saison régulière, les matchs de LCS EU se jouent les jeudis et vendredis. Ces jours-là sont plus libres que les autres. Les horaires dépendent de l’heure du match, qui varie entre 18 et 23h. Trois heures avant le match, l’équipe se réunit pour discuter stratégie, définir les champions à bannir et à choisir. Cette étape de préparation dure 1h30. Une navette vient ensuite chercher l’équipe pour la conduire aux studios de Berlin dans lesquels se disputent les LCS.
 

À L’AUBE DES PLAY-OFFS

Arrivée à la 3e place de la saison régulière juste derrière H2K et G2 Esports, Team Vitality affrontera Fnatic en quart de final. Ce sera donc la première étape de l’objectif de Cabochard : être sacré champion de la saison printanière. Quand on lui demande un objectif encore plus optimiste, il nous dit que comme tout le monde, il veut gagner les championnats du monde ! Il avoue tout de même que réaliser une bonne performance serait déjà satisfaisant.
 
Contrairement à la saison régulière, les matchs des play-offs se jouent en best-of 5, c’est-à-dire en trois manches gagnantes. Mais au début de la saison estivale, le format changera. Chaque rencontre se fera en 2 manches. Il y aura donc égalité si chacune des équipes remporte un match. Pour Cabochard, ce changement est le bienvenu et permettra au niveau européen d’augmenter dans sa globalité : « Plus on joue de parties, plus on s’améliore ». Ces formats de BO5 et BO2 seront d’après lui particulièrement bénéfiques à son équipe : « On a beaucoup de joueurs qui savent jouer de très nombreux champions, ce qui nous offre une diversité stratégique bien meilleure et qui nous avantage en BO2, BO3 et évidemment en BO5 ! ».
« JE REGARDE BEAUCOUP LA LCK. SMEB M’INSPIRE »
LUCAS « CABOCHARD » SIMON-MESLET
Lui-même est connu comme étant capable de jouer de nombreux champions différents. Pendant la saison 2015, il avait invoqué 14 champions uniques. « Je pense que je vais réussir à jouer beaucoup de styles différents » confirme-t-il, « du coup cette diversité me correspond bien, contrairement à d’autres saisons où le règne des champions résistants est resté très longtemps, alors que cette saison on a eu le droit à des Quinn, des Graves et maintenant ça se dirige davantage vers des tanks ». Ce retour des champions résistants, les tanks, semble se confirmer quand Cabochard nous donne sa liste des meilleurs champions top du moment : Nautilus, Poppy, Trundle et Graves forment le top 4, suivis par Rammus et Fiora.
 
Interrogé quant au niveau des LCS EU cette année, le Tourangeau nous livre son analyse : « Je trouve que l’année dernière les très bons joueurs étaient éparpillés dans les équipes, mais qu’ils se sont bien regroupés cette année, notamment chez Vitality et H2K, mais également chez G2 Esports qui émerge, tandis que Fnatic et Origen ont gardé de bons joueurs »En résulte un championnat serré, dont aucune équipe ne ressort particulièrement pour le moment selon lui.
 

L’EXOTISME À LA FRANÇAISE

Que vous ayez suivi les LCS EU avec assiduité ou non, vous avez sûrement déjà entendu parler du Lucian top ou du récent Nasus de Cabochard, qui sont les preuves de la diversité stratégique et mécanique du Français. Si ce dernier champion n’a pas réussi à lui offrir la victoire, nous l’avons tout de même interrogé sur ce choix : « On aurait pu jouer Nautilus, mais on voulait tester Nasus. On l’avait joué à l’entraînement et ça s’était bien passé, donc on voulait tenter, mais les conditions en jeu n’étaient pas les meilleures. Leurs champions étaient très forts contre Nasus car très mobiles ». Dans cette partie, Cabochard a monté Esprit enflammé (E) en premier. Il nous a expliqué que ce choix a été fait à cause de la situation de swap-lane, engagée à l’aveugle par l’équipe adverse, afin de mettre de la pression et de décimer les vagues de sbires rapidement. « Finalement, ça m’a permis de tuer leur carry AD en 1 contre 1, c’était marrant » en rigole-t-il.

Bien qu’il ne le joue jamais en partie classée, il estime que le champion reste intéressant : « Je trouve le kit de sorts très sympa. C’est très fort contre Kalista, car tu réduis et sa vitesse d’attaque et sa vitesse de déplacement, ce qui l’empêche presque totalement de bouger ». « C’est quand même particulier en soloQ, car si tu prends un large avantage, tes coéquipiers risquent de faire n’importe quoi en croyant que c’est déjà gagné et si tu es derrière ils vont te croire inutile alors que tu peux revenir en te faisant oublier ». Autour de lui, deux options existent : « Si tu veux splitpush, il faut que les 4 autres champions puissent tuer les vagues de sbires facilement et empêcher l’équipe adverse d’engager, mais si tu veux forcer les combats d’équipe il faut des champions capables de te suivre et de mettre des sorts de contrôle, vu que tu n’en as pas. Braum et Gragas par exemple ! ».

 
Somme toute, Cabochard semble confiant en ses capacités et croit dans le potentiel de son équipe. Avec 5,7 de KDA, le toplaner de Vitality surclasse tous les autres. Il est particulièrement coriace, car c’est le toplaner qui compte la plus petite part des morts de son équipe tout en étant présent sur près de 40 % des premiers sangs de son équipe. Son avance aux PO à la 10e minute vient confirmer que son début de partie est très solide. Attention cependant, les play-offs arrivent bientôt et toutes les équipes donneront leur maximum pour tirer leur épingle du jeu. Et vous, estimez-vous que Cabochard et son équipe ont de bonnes chances d’être sacrés champion des LCS ?

Source : CABOCHARD NOUS PARLE DE SON BON DÉBUT DE SAISON CHEZ VITALITY
Par : Quentin "Balteur" Mitard


Amendair - 2016-03-25 18:22:17

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